Expos
2025 - CHOSES
Choses n’a pas manqué d’évoquer le matérialisme de notre environnement mais aussi et de façon préférentielle, la poétisation possible du monde matériel et sensoriel dans lequel nous baignons, version plus positive et attractive pour nos participants.
Dans cette poétisation toute la tradition de la nature morte a été convoquée depuis les grands courants de ce genre jusqu’à aujourd’hui.
De la collection à l’objet unique, que nous disent les choses ? Objet simple et complexe à la fois. Les objets récupérés deviennent autres, quel est leur potentiel de vie ? A-t-il des limites ? Un Morandi nous rappelle toujours l’âme de ses pots vibratoires, Annette Messager les objets de notre enfance, et aujourd’hui un artiste comme Jacques Monneraud nous parle d’objets dont la matière en terre imite par exemple le carton…. Ces choses qui nous en racontent, nous troublent, voire nous illusionnent ! Sans oublier Lamartine et son “Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à la mienne et la force d’aimer ?”
La chose devient aussi notre retour au réel dans un monde numérisé à outrance… et la volonté de le préserver par la mouvance de la récupération, processus dans lequel nous avons inscrit aussi notre repair studio en fin d’année.
Puis la chose tend la main à ce qui la dépasse quand s’y rattachent des rituels et fonctions symboliques par divers objets de culte, gri-gri ou porte-bonheur, des collections ou cabinets de curiosité.
Enfin la chose nous a parlé de présence, de souvenir et d’éternel.
Exposition à l’Espace Repère en septembre 2025
2025 - SANS
Le thème « Sans » est un thème en creux qui plutôt que de nous faire une proposition concrète, nous a laissé devant un appel d’air, un appel du vide, une invitation de la page blanche. Il a pointé directement cette absence dont peut partir la création, cet appel à créer, donner forme à l’innommable ou à ce qui fait irruption sans crier gare.
D’un point de vue plastique, outre la question philosophique du manque, ce thème évoquait l’évidement proprement technique de la sculpture, de la gravure, ou la variabilité possible d’une observation qui s’appuie sur ce qui apparaît dans les creux ou dans les formes apparentes. La sculpture chosifie-t-elle davantage son sujet que la peinture ou le dessin ? La chose peut être en différentes dimensions, que révèle-t-elle alors de différent sur son sujet ?
« Sans » a pu aussi évoquer l’économie de moyens de l’Arte Povera, la « déconcrétisation » de l’art conceptuel,… Techniquement encore il a pu convoquer l’utilisation d’outils alternatifs, artisanaux, le retour à des méthodologies artisanales de révélation de la photographie, la récupération, les arts dits appliqués comme le tissage, etc etc
Dans des registres plus sociétaux, à l’instar d’une Mazarine Pingeot, « Sans » nous a parlé de ce qui intéresse la société en terme de manques comme les produits sans alcool, sans gluten où cette absence donne justement toute sa valeur à la chose qui peut même en devenir bien plus chère ! Le monde de la régression capitaliste nous en parle encore différemment, la moindre consommation, les we sans voiture, le numérique qui épargne le papier, la consommation zéro déchet ou zéro carbone, le jeûne, etc etc.
Dans la vie psychique, ce thème nous évoquait le fait que ce qui nous manque peut prendre davantage de valeur, y compris un ancêtre que nous n’avons pas connu par exemple. C’était encore le paradoxal système de Laurent Voulzy !
Dans la vie ou plus précisément la création, « Sans » révélait aussi une temporalité de basculement comme passer de la vie au trépas, il y avait, il n’y a plus, comment ça s’est produit ? quelle trace reste-t-il ? quel en est son devenir ?
Exposition au Mona en novembre 2025.
2024 - Rature
En 2024, Rature aux côtés de Voyages a sonné comme un trébuchement.
Il rime avec signature. Il ouvre à l’achoppement qui révèle l’envers du décor, la face cachée, l’entorse, la marque d’une singularité. Rature interroge l’écriture dans ce qu’elle aurait de plus distingué, de plus policé, de plus raffiné. Rature est ouverture au glissement, au déplacement, à ce qui s’incline ou se dérobe. Rature vise les marges, ce qui ne rentre pas dans les règles générales, dans le bien entendu. Rature libère le trait, autorise le retour à zéro ou la répétition d’un passage qui se cherche. Rature n’est pas un raté qui s’efface mais une nouvelle proposition en soi. Rature parle de renaissance, d’exploitation, de révolution ! Rature a donné du fil à retordre !
2023 - Exception
Le thème « Exception » s’est imaginé en contrepied du thème de l’écho : face au concept de répétition inhérent à l’histoire de la nymphe Echo, condamnée parce que trop bavarde à ne pouvoir plus que répéter les mots des autres, le thème "Exception" envisage le concept de ce qui n’est pas semblable, de ce qui distingue, de ce qui ne correspond pas !
Là où l’histoire d’Echo évoquait la prévisibilité et ses enfermements, l’asservissement à une règle, la notion d’exception ouvre l’imaginaire du dépassement, du hors norme, de l’imprévisibilité avec tous les doutes, les ambiguïtés et les espoirs aussi.
L’exception évoque ce qui est rare, unique comme tous les individus que nous sommes le sont, c’est une notion qui nous concerne tous, une caractéristique commune en quelque sorte, qu’il est par définition, bien difficile d’enfermer dans une ...règle : puisqu’elle s’extrait d’un ensemble le propre de l’exception est donc d’être incomprise et, en pratique, soumise à jugements des plus valorisants, éminent, sensationnel, supérieur, transcendant… aux plus dépréciatifs, anormal, contre-nature.... A nous de nous débrouiller !

















































